Archive for juillet, 2010


(Roumanie – Brasov)

Elle est loin l’époque des lettres d’amour, des correspondances enflammées, des petits mots doux et charmants, parfumés des saveurs de la douce. Elle est loin l’époque des plis aux papiers veloutés, aux papiers froissés, aux papiers parcheminés que l’on manipule avec douceur, que l’on touche avec volupté comme si c’était les pages d’un ouvrage divin; ces plis que l’on ouvre avec délicatesse et attention ou que l’on déchire avec l’ardeur et impatience. Elle est loin l’époque où l’on attend chaque jour cette lettre qui tarde à venir dans notre boîte au lettre. Auras-t-elle pris le temps d’écrire ? La poste est elle-en retard ? Et si la lettre s’était perdue en route …

Maintenant tout va toujours très vite, le courrier électronique nous a libéré du rituel de la lettre. On discute, on chatte, on s’échange les idées à vitesse de l’éclair. Mais prend-ton encore le temps de penser ce que l’on va écrire !???

Et pendant ce temps, nos boîtes aux lettres prennent de l’âge, rouillent, vieillissent près de la porte d’entrée; devenant peu à peu témoignages d’un autre temps qui les rendait si attrayantes.

Cependant, elles n’en restent pas moins des objets d’un charme indéniable et d’une grande beauté photogénique.

Avec cette série, j’ai décidé de rendre hommage à ces petites boîtes !

(Belgique – Gaume)

Le Sud

C’est un endroit qui ressemble à la Louisiane
A l’Italie
Il y a du linge étendu sur la terrasse
Et c’est joli

On dirait le Sud
Le temps dure longtemps
Et la vie sûrement
Plus d’un million d’années
Et toujours en été

Y’a plein d’enfants qui se roulent sur la pelouse
Y’a plein de chiens
Y’a même un chat, une tortue, des poissons rouges
Il ne manque rien

On dirait le Sud…

Un jour ou l’autre, il faudra qu’il y ait la guerre
On le sait bien
On n’aime pas ça, mais on ne sait pas quoi faire
On dit c’est le destin

Tant pis pour le Sud
C’était pourtant bien
On aurait pu vivre
Plus d’un million d’années
Et toujours en été

(Nino Ferrer)